Rien qu’en deux ou trois jours, l’itinérance a cette capacité à changer comme par magie tous vos repères. Avec des enfants, le charme agit immédiatement. Dormir, manger dehors vous transporte, même tout près de chez vous.

Un week-end de printemps ou d’automne, les ponts du mois de mai, une petite semaine d’été sont l’occasion de tester la logistique de voyage avec des enfants. Le pas est accompli pour partir plus longtemps. Et, une année, c’est court. Vous mettez du temps à changer de rythme, rompre avec des habitudes de vie cadencées, accepter, voire rechercher l’imprévu.

Voyager avec un tout petit, c’est plus facile

Pour beaucoup de vélo-randonneurs, c’est la tranche d’âge 0-5 ans qui est de loin la plus facile. L’enfant suit et n’a pas de grands besoins à part être dans les bras, écouté, cajolé. Tout est petit et prend peu de place. Lorsqu’il commence manger, sa nourriture n’est qu’un supplément. Pourquoi donc s’en préoccuper autant, alors qu’il suffit bien souvent de lui proposer ce que nous avons dans notre assiette : quelques légumes bien cuits, pâtes, riz, fruits mous (bananes, mangues, poires…). Quant au sommeil, rien de plus facile : quel bébé résiste longtemps éveillé au ballottement d’une remorque trainée par le vélo électrique de papa ? Ces siestes permettent aux parents d’avancer un bon coup, et de faire ensuite de longues pauses de jeux lorsque l’enfant s’ennuie. Voyager avec un tout petit est une grande force pour les parents. Il y a parfois des moments difficiles, de pluie et de froid, où on ne trouve pas de bivouac, et où on peut regarder les enfants s’éclater dans les flaques ce qui permet de remonter sérieusement le moral. Le tout petit est un voyageur, il est en train de découvrir le monde pour la première fois. Paradoxalement, il devient un professeur, car il voyage bien mieux que nous. Il n’a pas encore de norme culturelle, ne juge pas et ne connait encore que le présent.

À quatre et six ans, on s’adapte

Avant de partir avec deux enfants de quatre et six ans, pour trois mois Madagascar, puis au Kirghizistan l’année suivante, par exemple, il faut se poser beaucoup de questions… L’alimentation locale, le manque de leurs jouets et de leurs copains, leur épanouissement dans un mode de vie l’opposé des habitudes, les problèmes de santé, l’acclimatation à l’altitude, le rythme du voyage, leur intégration avec les autres enfants… Finalement, ils s’adapteront très bien. Ils vous surprendront à manger de tout, alors qu’à leur retour en France, ils refuseront de manger des haricots verts. Ils ne joueront pas avec leurs jouets emportés de France, mis à part leurs doudous. La première activité en arrivant au bivouac consistera certainement à trouver les enfants du village. Leur absence de préjugés leur permettra de très bien s’adapter. Où est le problème de dormir dix-huit dans une petite chambre avec les cochons au rez-de-chaussée ou sur un bateau brousse parmi les sacs de riz… Et quel est le problème pour une toilette avec un seau d’eau ? Les enfants seront très heureux de ce nouvel environnement. Au final, ils mettront beaucoup moins de temps que les adultes à s’adapter, et leur innocence par leur questionnement sera toujours génératrice de moments inoubliables : Pourquoi à Madagascar, il y a plus d’enfants que de parents ? Pourquoi il n’y a pas de dessert ? etc.

Partir deux ans n’est pas beaucoup plus difficile !

Néanmoins, le temps semble plus long pour les enfants, coupés de leur univers de copains. Matériellement, pour les contrats d’assistance, voire les formalités.

  • Partir trois mois est très facile.
  • Un an ou moins, facile.
  • Plus d’un an, beaucoup plus difficile.

Attention, les allocations familiales ne sont pas dues hors de France au-delà d’un mois et vous êtes théoriquement tenus de déclarer votre changement de situation. Un comble quand on connait l’intérêt éducatif d’un pareil voyage.

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